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2000

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Nième Compagnie
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Planète Comet
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DECEMBRE N°55
Assassin
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  NOVEMBRE N°54  



 

Planète Comet
l'Afrique en trame

Le grand sorcier des rythmes afros est de retour. Tony Allen, l'homme des peaux de tambours du Fela des années 70's, inventeur de la partie rythmique de l'afro-beat, donne la pulsion à cette musique née du télescopage entre la musique africaine traditionnelle, le funk et le jazz. C'est en frôlant, effleurant, tapant sur la caisse claire, le tom médium, la grosse caisse, que le divin Tony Allen continue avec un réel bonheur son parcours dans la musique avec un jeu unique. Le voici à nouveau sur scène et en piste pour un nouvel album, grâce à la rencontre d'Eric Trousset et de Manu Boubli, deux passionnés de musique. L'Afro-beat pourrait redevenir la nouvelle transe des années à venir.
Rencontre avec Manu, un des fondateurs du label Comet.


L'histoire
Avec Eric on se connaît depuis la fin des années de Lycée. Il y a sept ans on a ouvert un club, le Sitéa, c'était une formule qui n'existait pas vraiment à Paris, entrée libre et soirées avec une partie live et une partie Djs. La suite logique de cette programmation de club après deux ou trois années, ce fut l'envie de travailler avec ces musiciens, donc en produisant; ce qui a été d'autant plus décisif fut la rencontre avec Tony Allen. On est un peu tombé des nues, il y avait ce mec qui est un immense musicien, qui a un truc vraiment unique, son jeu de batterie, mais il n'avait ni éditeur, ni producteur, ni manager, ni rien du tout. Il tournait dans les clubs parisiens, il était complètement laissé à lui-même. On a commencé par aller voir des labels en France et à l'étranger et il s'est avéré qu'il n'y a pas vraiment eu de réactions enthousiastes, tout le monde pensait que le gars était un peu vieux, que l'afro-beat ne se vendait pas…etc. Voilà le label est né comme ça.
Les compilations
Il y a la rencontre de Tony qui est assez décisive là-dessus. En ce qui concerne les compilations, c'est plus une recherche que je fais depuis longtemps, je n'avais pas envie de faire une compilation de plus, c'est des "années de travail", c'est du chinage profond, et il y a aussi tout un réseau relationnel d'amis qui m'aident. Au niveau artistique je reste seul, sinon il y a pas mal de personnes qui me rabattent des morceaux.
Les projets
Pour l'avenir, en ce qui concerne la collection Afro de manière quasi certaine, c'est la dernière. Nous n'avons pas envie de tomber dans l'anecdotique, la troisième compilation permet de clore l'histoire. Maintenant le travail de réédition est toujours là, je prépare une compilation assez différente, plus cha-cha-cha, vocal jazz, ce sera centré sur ce genre de chose produit en France dans les années 60's. C'est un peu plus décalé et puis après on a d'autres choses en tête, ce serait des rééditions d'albums
Tony Allen
Tony Allen finit les prises du prochain album, c'est le tout début du processus, pour l'instant ce sont des prises toutes droites, basse/guitare/batterie/claviers et un peu de voix, ça va s'enrichir de collaborations au fil des mois. L'album sortira à la rentrée prochaine, il permettra de découvrir une autre facette du batteur, il sera plus riche aux niveaux des cuivres et des voix.
Les mixes
On va mixer à la Marquise où nous étions venus l'année passée. On mixe un peu à l'image du label, à la fois des choses plus anciennes comme les compilations et des nouveautés que comme certains de nos projets. Toujours dans un esprit très soul, assez organique.
Tony Allen (2)
Il est resté avec Fela jusqu'à la fin des années 70's, ensuite il est venu en Europe, en Angleterre où il a sorti un disque qui a bien marché. Martin Messonnier est venu le chercher à Londres pour enregistrer avec lui, il a signé chez Barclay pour un disque qui n'est jamais sorti. Beaucoup d'énergie pour pas grand chose, ensuite une album a vu le jour chez Cobalt il y a sept-huit ans. Il faisait la tournée des clubs avec un quartet de jazz, voilà un peu son parcours.
Fela
Il n'en parle pas spontanément, maintenant ça dépend de la façon dont on l'amène à parler de ça. C'est quelqu'un de réservé qui n'a pas tendance à parler beaucoup de lui-même. Tony a quitté Fela parce qu'au bout d'un moment il en a eu marre; Fela se reposait beaucoup sur lui pour ce qui était la gestion du groupe. En gros Fela faisait son truc et Tony étai le boss du groupe. Ça lui pesait un peu et il avait envie de faire sa propre musique, ce qui n'est pas facile quand on est avec un mec de la trempe de Fela. Même les premiers albums de Tony qu'il a faits au Nigeria, les trois premiers sur les quatre, sont coproduit par Fela, il n'avait pas tout a fait la liberté artistique qu'il souhaitait parce qu'il y avait la présence de Fela qui imposait une certaine façon de mixer, de concevoir la musique.

Bruno Pin